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A propos

Partir, revenir, aller voir ailleurs – juste à côté ou beaucoup plus loin. Qu'il s'agisse de ses choix artistiques, des matériaux qu'elle utilise ou de sa relation avec le monde, Alice Hamon a privilégié la mobilité.
Avant Beyrouth, Porto, Montréal, l'Asie… La route commence à Strasbourg aux Arts Décoratifs. Elle y expérimente le plaisir brut des matériaux, grave le métal et le verre. Déjà le voyage, le mouvement et le temps, sont au cœur de son travail. Une forme se confirme; laissant un espace pour le vide. Sérigraphies ou gravures, inspirées par les techniques de l'estampe, lui permettent de passer du singulier au multiple, expérimentant la richesse de la juxtaposition et des changements infimes.

Première escale : Montréal (master en Arts Visuels, Uqam). Alice Hamon rapproche la technique de la sérigraphie et l’expression de la photographie pour des réalisations d’affiches. C'est aussi le temps des premières installations en milieu urbain, un art éphémère, fragile, qui finit par faire partie du décor, s’affirme comme œuvre, avant d'être livré au passage du temps, de la destruction. L'œuvre d'Alice Hamon trouve sa place, dans la rue, sur les toits… Elle devient constitutive du lieu dont elle est inspirée, et ce principe demeure depuis une constante.

Vient le temps de trouver un lieu qui resterait ouvert sur le monde, qui accueillerait le monde. Ce sera donc un port, Marseille, où elle vit et travaille depuis 10 ans. Elle ressent très vite besoin de connaître l'intimité de cette ville, de ses habitants. Grâce à plusieurs expériences au sein d'associations culturelles, elle initie un travail avec les enfants des quartiers périphériques. A travers des ateliers de pratiques artistiques, autour de thèmes en lien avec leur quotidien, leur culture, leur histoire… Elle leur propose de créer des œuvres qui feront l’objet de publications (Editions Le port a jauni), d’expositions (Bibliothèque Alcazar de Marseille), ou une œuvre collective destinée à laisser une empreinte dans l’espace public (Rés. Un artiste, un quartier, Arts et développement). Ces rencontres, nourries d’horizons culturels et sociaux variés, tissent des échanges qui viennent enrichir son travail personnel.

En parallèle, Alice poursuit ses recherches et expériences plastiques sur le dessin, en puisant toujours dans un univers personnel. Bruts ou retravaillés par scans et recomposés, les séries 0n board, ou Promenades immobiles mélangent l'encre et le feutre, le trait franc et les collages. On y retrouve ses thèmes de prédilection ; les éléments géographiques, cartographiques (mer, points cardinaux…) et spaciaux (habitat, bateaux…) qui se combinent de manière ludique. Son travail joue avec les associations d’idées, qui permettent au réel et à l'imaginaire de se côtoyer ou se combiner. Autre constante : la réflexion sur le format, et l'inscription des œuvres dans les lieux publics, comme autant de lieux d'étapes subjectifs. Le dessin bouleverse les questions d’échelle, et la représentation géographique d’un lieu laisse place à un ailleurs poétique et possible (cf. Holidays, Interstices #1).

Elle poursuit également le développement d'un projet d'envergure, qu'elle initie en Inde, avant de le décliner dans plusieurs villes du pourtour méditerranéen. Alice Hamon dessine sur les toits terrasses, en utilisant un matériau volatile comme la craie. Ces réalisations graphiques, inspirées par la cartographie ou des motifs géométriques, sont ensuite photographiées dans leur contexte. Les traces sur le toit, au premier plan de l’image, se rapprochent d’une configuration symbolique ou imaginaire d’un lieu qui entre en résonance avec l’espace réel photographié. Elle sollicite ainsi une dynamique visuelle, nous éloignant doucement de la réalité pour laisser place au rêve et à l’imagination. De ce travail, Jean-Luc Chalumeau a pu écrire : "Pour les photographes, il n'y a pas de supériorité esthétique entre l'effort d'embellir le monde et l'effort inverse de lui arracher son masque. C'est à cette double tâche que se consacre Alice Hamon avec virtuosité".

Nicole Levigne, Avril 2012

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Leave, return, go to see somewhere else - close by or much more far. That it is about its artistic choices, about materials which she uses or of her relation with the world, Alice Hamon favored the mobility.
Before Beirut, Porto, Montreal, Asia… The road begins in Strasbourg at the EADS (Ecole des Arts Décoratifs de Strasbourg). She experiments the raw pleasure of materials there, engraves the metal and the glass. Already the journey, the movement and the time, are at the heart of her work. A shape confirms; leaving a space for the space. Silk-screen printings or engravings, inspired by the techniques of the print, allow her to cross some singular in the multiple, experimenting the wealth of the juxtaposition and the tiny changes.

First stopover: Montreal (Master's degree Visual Arts, Uqam). Alice Hamon moves closer to the technique of the silk-screen printing and to the expression of the photography for realizations of posters. It is also the time of the first installations in urban zones, the short-lived, fragile art, that eventually is part of the furniture, asserts itself as work, before being offered to the passage of time, the destruction. Alice Hamon's work finds its place, in the street, on roofs… It becomes essential of the place with which she is inspired, and this principle remains a constant.

The time comes to find a place which would remain open on the world, which would welcome the world. It will thus be a harbor, Marseille, where she lives and works for 10 years. She feels very fast need to know the intimacy of this city, her inhabitants. Thanks to several experiences within cultural associations, she introduces a work with the children of suburbs. Through workshops of artistic practices, around themes in connection with their everyday life, their culture, their history… She suggests them to create works which will be the object of publications (Ed.Le port a jauni), of exhibitions (Bibliothèque de l’Alcazar, Marseille), or a collective work intended to leave an imprint in the public space (Art Residence Un artiste, un quartier, Arts et développement). These meetings, fed by varied cultural and social horizons, weave exchanges which enrich her personal work.

In parallel, Alice Hamon follows her researches and art experiments on the drawing, always by drawing from a personal universe. Raw either worked again by scans and recomposed, the series 0n board, or Motionless walks mix the ink and the felt-tip, the frank line and the collages. We find her themes of preference there; the geographical, cartographic elements (sea, cardinal points) and spaces (housing environment, boats) which harmonize in a playful way. Her work plays with associations of ideas, which allow the reality and the imagination to mix or to harmonize.

Other constant: the research on the size and the registration of the works in the public spaces, as so many subjective places of stages. The drawing mooves the questions of scale, the geographical representation like many different subjective places ; which give us somewhere and poetical and possible vision (cf. Holidays, Interstices#1).

She also developps of a large-scale project, which she started in India, before declining it in several Mediterranean cities. Alice Hamon draws on roofs terraces, by using a material fowl as the chalk. These graphic realizations are inspired by the cartography or the geometrical patterns from the countries she travels. Then they are photographed in their context, playing with the site itself. Tracks on the roof, in the foreground of the image, get closer to a symbolic or imaginary configuration of a place which enters echo with the photographed real space there. She requests a visual dynamics, taking us away slowly from the reality to leave us with our imagination and dreamy state. Of this work, Jean-Luc Chalumeau was able to write: " for the photographers, there is no aesthetic superiority enter the effort to embellish the world and the effort inverts to extract its mask. It is to this double task that dedicates herself Alice Hamon with virtuosity ".

N.Levigne, april 2012